Quand la honte vous fait rétrécir
La honte fait rarement du bruit. Elle fait plutôt baisser les yeux. Elle donne envie de disparaître, de parler moins fort, de ne plus déranger personne. On peut avoir l’air présent, répondre normalement, et pourtant se sentir tout petit à l’intérieur.
Ce qui la rend violente, c’est qu’elle ne vise pas seulement ce qu’on a fait. Elle donne l’impression que tout notre être est de trop. Une maladresse devient une identité. Une phrase mal reçue devient une preuve. Une scène ancienne revient comme si elle se passait encore.
Ne pas confondre une scène avec toute sa personne
Pour desserrer la honte, il faut revenir à la scène précise. Qu’est-ce qui s’est passé ? Qui était là ? Qu’est-ce qui a été dit ? Qu’est-ce que vous avez réellement fait, et qu’est-ce que votre tête a rajouté après coup ?
Ce retour au réel ne minimise pas la douleur. Il empêche seulement la honte de tout avaler. On peut avoir vécu un moment humiliant sans être une personne humiliée pour toujours.
Ce que vous pouvez faire maintenant
- nommer la situation sans insulte contre vous-même ;
- distinguer ce qui relève d’une erreur et ce qui relève d’un jugement dur ;
- reprendre un geste normal, même petit, pour ne pas rester figé dans la scène.
Ce qu’il faut garder en tête
La honte ne disparaît pas toujours d’un coup. Mais elle perd déjà de la force quand elle cesse de parler à votre place.